Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/266

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gue main a l’habitude du désert, passera le premier pour vous enseigner le chemin. Allons, chef, y êtes-vous ?

L’ulmen fît un signe affirmatif ; Valentin s’arcbouta solidement contre un rocher, fit faire à son lasso deux fois le tour de son corps et en laissa tomber l’extrémité dans l’abîme ; puis il fit signe au chef de descendre.

Celui-ci ne se fît pas répéter l’invitation ; il empoigna la corde avec les deux mains, et, plaçant ses pieds au fur et à mesure dans les anfractuosités des rochers, il s’affala peu à peu, et au bout de quelques minutes arriva sans accident sur la plate-forme inférieure.

L’hacendero et son fils avaient suivi d’un regard attentif les mouvements de l’Indien. Lorsqu’ils le virent sain et sauf sur le rocher, ils poussèrent un soupir de soulagement et se préparèrent à leur tour, ce qu’ils effectuèrent l’un et l’autre sans accident.

Valentin restait seul ; par conséquent, personne ne pouvait lui tenir le lasso et lui rendre le service qu’il avait rendu à ses compagnons ; mais le chasseur était homme de ressources : il ne se trouva pas embarrassé pour si peu. Il était justement appuyé contre le rocher qui lui avait servi précédemment à fixer les lassos. Il retira la corde, la passa autour du rocher, de façon à ce que les bouts fussent égaux et que le lasso fût double ; puis, saisissant à pleine main les deux cordes, il descendit lentement à son tour et arriva sans accident auprès de ses compagnons, étonnés et effrayés de cette audacieuse descente. Puis il lâcha le double de la corde, tira à lui le lasso, le roula et le rattacha à sa ceinture.