Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/27

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Quand les pipes furent allumées, la jeune fille voulut se retirer dans le compartiment qui lui servait de chambre à coucher.

— Arrêtez, enfant ! lui dit le Cèdre-Rouge ; j’ai à causer avec vous.

Ellen alla s’asseoir dans un coin du jacal et attendit.

Les trois hommes fumèrent assez longtemps sans parler.

Au-dehors, l’orage continuait toujours.

Enfin les jeunes gens secouèrent la cendre de leurs pipes et se levèrent.

— Ainsi, dit Nathan, c’est convenu !

— C’est convenu, répondit le Cèdre-Rouge.

— À quelle heure viendront-ils nous prendre ? demanda Sutter.

— Une heure avant le lever du soleil.

— C’est bon.

Les deux frères s’étendirent sur le sol, se roulèrent dans leurs fourrures et ne tardèrent pas à s’endormir.

Le Cèdre-Rouge demeura encore pendant quelques instants plongé dans ses réflexions. Ellen était toujours immobile.

Enfin il releva la tête.

— Approchez, enfant, lui dit-il.

Elle s’avança et se tint devant lui.

— Asseyez-vous auprès de moi.

— À quoi bon ? Parlez, mon père, je vous écoute, répondit-elle.

Le squatter était visiblement embarrassé, il ne savait comment entamer la conversation ; enfin, après quelques secondes d’hésitation :

— Vous souffrez, Ellen, lui dit-il.

La jeune fille sourit tristement.