Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/29

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quelque courte qu’ait été jusqu’à ce jour mon existence, elle n’a été qu’une longue souffrance.

— C’est vrai, pauvre enfant, dit doucement le squatter ; pardonnez-moi, je voudrais tant vous voir heureuse ! Hélas ! Dieu n’a pas béni mes efforts, tout ce que j’ai fait n’a été que pour vous.

— Ne dites pas cela, mon père, s’écria-t-elle vivement ; ne me faites pas ainsi moralement votre complice, ne me rendez pas responsable de vos crimes que j’exècre, car vous me pousseriez à désirer la mort !

— Ellen ! Ellen ! vous avez mal compris ce que je vous ai dit ; je n’ai jamais eu l’intention… fit-il avec embarras.

— Brisons là, reprit-elle ; nous allons partir, n’est-ce pas, mon père ? Notre retraite est découverte, il nous faut fuir ; c’est cela que vous vouliez m’apprendre, n’est-ce pas ?

— Oui, fit-il, c’est cela, quoique je ne devine pas comment vous avez pu le savoir.

— Peu importe, mon père. Et de quel côté nous dirigeons-nous ?

— Provisoirement nous nous enfoncerons dans la sierra de los Comanches.

— Afin que ceux qui nous poursuivent perdent notre piste ?

— Oui, pour cela et pour autre chose, ajouta-t-il à voix basse.

Mais, si bas qu’il eût parlé, Ellen l’avait entendu.

— Pourquoi encore ?

— Peu vous importe, enfant ; ceci me regarde seul.

— Vous vous trompez, mon père, fit-elle avec une certaine résolution ; du moment où je suis votre com-