Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/290

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quelque part, je ne sais où : aide-toi, le ciel t’aidera.

— Oui, fit en ricanant le squatter, et jamais occasion n’a été plus belle, n’est-ce pas, pour mettre ce précepte en pratique ?

— Je le crois, et j’attends, en conséquence, que vous nous expliquiez ce que nous devons faire.

Sans répondre au moine, le Cèdre-Rouge se tourna vers sa fille.

— Ellen, mon enfant, lui demanda-t-il d’une voix affectueuse, te sens-tu la force de nous suivre ?

— Ne vous inquiétez pas de moi, mon père, répondit-elle ; partout où vous passerez, je passerai ; vous savez que je suis accoutumée depuis mon enfance à parcourir le désert.

— C’est vrai, reprit le Cèdre-Rouge avec doute ; mais cette fois sera probablement la première que tu auras employée une façon de voyager comme celle que nous sommes aujourd’hui forcés d’adopter.

— Que voulez-vous dire ? on ne voyage qu’à pied, à cheval ou en canot. C’est ainsi que vingt fois déjà nous nous sommes transportés d’un lieu à un autre.

— Tu as raison ; mais maintenant nous sommes contraints par les circonstances de modifier notre manière de marcher. Nous n’avons pas de chevaux, pas de rivière, et nos ennemis sont maîtres du sol.

— Alors, s’écria le moine en ricanant, nous ferons comme les oiseaux, nous volerons dans l’air.

Le Cèdre-Rouge le regarda sérieusement.

— Vous avez peut-être bien deviné, dit-il.

— Hein ? fit le moine ; vous moquez-vous de nous, Cèdre-Rouge ? Croyez-vous que le moment soit bien choisi pour plaisanter ?