Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/315

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Quoi qu’il en soit, c’était avec un de ces formidables animaux que tout à coup Valentin s’était trouvé face à face.

La rencontre était des plus désagréables.

Cependant, la première émotion passée, les chasseurs prirent résolument leur parti.

— C’est un combat à mort, dit laconiquement Valentin ; vous savez que l’ours gris ne recule jamais.

— Comment allons-nous nous y prendre ? demanda don Miguel.

— Voyons ce qu’il va faire d’abord, reprit le chasseur. Il est évident que cet animal est repu, sans cela il ne regagnerait pas sa tanière. Vous savez que les ours sortent peu de chez eux ; si nous avons le bonheur de nous trouver avec un ours qui a bien dîné, ce sera pour nous un immense avantage.

— Comment cela ?

— Par la raison toute simple, dit en riant Valentin, que, de même que tous les gens dont les heures de repas ne sont pas réglées, lorsque les ours se mettent à table, ils s’y mettent pour longtemps et mangent avec une gloutonnerie extrême, ce qui les rend lourds, endormis, et leur ôte, en un mot, la moitié de leurs facultés.

— Hum ! observa don Miguel, ce qui leur en reste me semble bien suffisant.

— Et à moi aussi ; mais, chut ! je crois qu’il prend un parti.

— C’est-à-dire, fit don Pablo, qu’il prend, à ce qu’il me semble, ses dispositions pour nous attaquer.

— C’est ce que je voulais dire, répondit Valentin.

— Eh ! ne lui laissons pas faire la première démonstration.