Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/321

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fonça dans les halliers, au milieu desquels il disparut presque immédiatement.

Le gibier, ainsi que Valentin nommait l’ours gris, pesait au moins quatre cents livres. Après l’avoir écorché avec cette dextérité que possèdent les Indiens, Curumilla, aidé par les deux Mexicains, avait suspendu l’animal à une forte branche d’arbre qui pliait sous son poids ; il avait taillé des grillades dans le filet et retiré la fressure, qui, pour les chasseurs émérites, est la partie la plus délicate de la bête ; puis, pendant que don Pablo et don Miguel s’occupaient d’allumer le feu et d’étendre les grillades sur les charbons, l’Indien s’enfonça dans la caverne.

Don Pablo et son père, accoutumés de longue main aux façons d’agir du chef araucan, ne lui firent pas d’observation et continuèrent à s’occuper activement des préparatifs du déjeuner, d’autant plus que les fatigues de la nuit et les longues privations auxquelles ils avaient été exposés leur avaient donné un appétit que le fumet des grillades ne faisait qu’augmenter.

Cependant le repas était prêt depuis longtemps et Valentin ne revenait pas encore. Les deux hommes commençaient à s’inquiéter.

Curumilla ne sortait pas non plus de la caverne dans laquelle il était entré depuis une heure à peu près.

Les Mexicains échangèrent un regard.

— Serait-il arrivé quelque chose ? demanda don Miguel.

— Il faut voir, répondit don Pablo.

Ils se levèrent.

Don Pablo se dirigea vers la caverne, tandis que don Miguel allait à l’extrémité de la plate-forme.