Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/342

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— Ooah ! fit l’Indien avec étonnement ; d’où vient donc mon père ?

Nathan ôta de sa bouche le tuyau de sa pipe, prit un air mystérieux et répondit avec un accent grave et réservé :

— Le Wacondah est tout-puissant, ceux auxquels parle le maître de la vie gardent ses paroles dans leur cœur.

— C’est juste, répondit en s’inclinant l’Araignée, qui ne comprenait pas.

— Mon fils est un guerrier de la redoutable reine des prairies, c’est un fils des Comanches ? reprit le prétendu sorcier.

— Je suis, en effet, un guerrier comanche.

— Est-ce que mon fils est sur le sentier de la chasse ?

— Non, je suis en ce moment le sentier de la guerre.

— Ooah ! Mon fils espère-t-il donc tromper un grand médecin, qu’il prononce de telles paroles devant moi ?

— Mes paroles sont vraies, mon sang coule clair comme l’eau dans mes veines, un mensonge n’a pas souillé mes lèvres, mon cœur ne souffle à ma poitrine que la vérité, répondit l’Araignée avec une certaine hauteur, intérieurement blessé du soupçon du sorcier.

— Bon, je veux bien le croire, reprit celui-ci ; mais depuis quand les Comanches emmènent-ils leurs femmes sur le sentier de la guerre ?

— Les Comanches sont maîtres de leurs actions ; nul n’a le droit de les contrôler.

Nathan comprit qu’il avait fait fausse route et que si l’entretien continuait sur ce terrain, il s’aliénerait