Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/344

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ne puis, malgré mon désir, m’écarter de ma route.

— Bon ! l’Unicorne est à trois heures de marche à peine de l’endroit où nous sommes ; demain de bonne heure nous atteindrons son camp.

— Comment se fait-il que se trouvant aussi près de son chef ; mon fils, qui me semble un guerrier prudent, se soit arrêté ici ?

Tout soupçon s’était effacé dans l’esprit de l’Indien, aussi répondit-il franchement cette fois sans chercher à déguiser la vérité et en mettant de côté toute réticence.

— Mon père a raison ; j’aurais sans doute continué à marcher jusqu’au camp du chef que j’aurais atteint certainement ce soir avant le chant de la hulotte, mais les deux femmes qui sont avec moi m’ont retardé et forcé d’agir comme je l’ai fait.

— Mon fils est jeune, répondit Nathan avec un sourire insinuant.

— Mon père se trompe, ces femmes sont sacrées pour moi, je les aime et je les respecte : l’une est la femme de l’Unicorne lui-même qui se rend auprès de son mari ; la seconde est une face pâle, ses cheveux sont blancs comme les nuages qui passent au-dessus de nos têtes chassés par la brise du soir, son corps est courbé sous le poids des hivers ; elle est mère d’un grand chasseur des Visages Pâles, fils adoptif de notre tribu, dont le nom est sans doute arrivé jusqu’à mon père.

— Comment se nomme ce chasseur ?

— Koutonepi.

À ce nom, auquel cependant il devait s’attendre, Nathan fit malgré lui un tel bond en arrière que l’Araignée s’en aperçut.