Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/363

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de va-et-vient, frappa son visage à plusieurs reprises.

Cet objet descendait peu à peu et finit par tomber sur les genoux du jeune homme. Celui-ci baissa la tête et l’examina.

C’était un couteau !

Nathan retint avec peine un cri de joie. Il n’était donc pas abandonné de tous ! Des amis inconnus s’intéressaient à son sort et cherchaient à lui donner les moyens de se sauver.

L’espoir rentra dans son cœur, et, comme un lutteur un instant étourdi d’un coup qu’il a reçu, il rassembla toutes ses forces pour recommencer la lutte.

Si intrépide que soit un homme, bien que vaincu par une impossibilité il ait bravement et sans arrière-pensée fait le sacrifice de sa vie, cependant, lorsqu’au moment de marcher au supplice une lueur d’espérance semble luire à ses yeux étonnés, soudain il se redresse, l’image de la mort s’efface de son esprit, et il combat en désespéré pour reconquérir cette vie dont il avait si vaillamment fait le sacrifice.

Ce fut ce qui arriva à Nathan ; il se redressa peu à peu sur son séant, les yeux ardemment fixés sur ses gardiens toujours immobiles.

Que l’on nous pardonne ce détail peut-être trivial, mais trop vrai pour être passé sous silence. À l’instant où le premier sifflement s’était fait entendre, le jeune homme ronflait, bien que parfaitement éveillé ; maintenant il continua ce ronflement, mélodie monotone qui berçait le sommeil des guerriers chargés de sa garde.

Il y avait quelque chose d’étrangement saisissant