Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/362

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une parcimonie d’avare enfouissant ses trésors, car cinq minutes gaspillées mal à propos peuvent tout perdre.

La nuit se faisait de plus en plus sombre, de gros nuages noirs et chargés d’électricité se heurtaient sourdement dans l’espace et interceptaient la vue des étoiles ; la brise du soir s’était élevée au coucher du soleil, et sifflait lugubrement à travers les branches des arbres centenaires de la forêt vierge.

À part les sentinelles disséminées tout à l’entour du camp, tous les Indiens étaient étendus autour des feux pâlissants, et roulés dans leurs robes de bison, ils se livraient au repos.

Nathan, solidement garrotté, dormait ou semblait dormir ; deux guerriers, couchés non loin de lui et chargés de le surveiller, voyant leur prisonnier si résigné en apparence à son sort, avaient fini par se laisser aller au sommeil.

Soudain un léger sifflement semblable à celui du serpent-ruban partit de la cime de l’arbre au pied duquel était étendu le jeune homme.

Celui-ci entr’ouvrit subitement les yeux et promena autour de lui un regard investigateur, sans cependant remuer d’aucune façon, de crainte de donner l’éveil à ses gardiens.

Un second sifflement plus prolongé que le premier se fit entendre, suivi presque immédiatement d’un troisième.

Nathan releva la tête avec précaution et regarda vers le haut de l’arbre, mais la nuit était si noire qu’il ne put rien distinguer. En ce moment un objet quelconque, dont il lui fut impossible de deviner la forme, toucha son front, et, agité par un mouvement