Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/365

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celui-ci se débattait en vain pour tâcher d’échapper à cette étreinte mortelle ; les mains de fer du bandit le serraient de plus en plus par une pression lente, calculée, mais irrésistible.

L’Indien, les yeux injectés de sang, les traits de la face horriblement contractés, battit deux ou trois fois l’air de ses bras par un mouvement machinal, se roidit dans une convulsion suprême et resta immobile.

Il était mort.

Nathan le contint encore deux ou trois minutes pour être bien certain que tout était fini, puis il étendit le guerrier auprès de lui, dans une position qui simulait parfaitement le sommeil.

Alors il passa sa main sur son front pour essuyer la sueur froide qui l’inondait, et leva les yeux vers la cime de l’arbre ; rien ne paraissait.

Une effroyable pensée s’empara alors du jeune homme : si ses amis, désespérant de le sauver, l’avaient abandonné ? Une angoisse horrible lui serra la poitrine.

Pourtant il avait reconnu le signal de son père ; le sifflement du serpent-ruban était depuis longtemps convenu entre eux pour correspondre dans les circonstances périlleuses.

Son père n’était pas homme à laisser inachevée une œuvre quelconque commencée par lui, quelles qu’en dussent être les conséquences.

Et pourtant les minutes s’écoulaient les unes après les autres, et rien ne venait avertir le misérable qu’on travaillât à sa délivrance ; tout était calme, tout était sombre.

Près d’une demi-heure se passa ainsi. Nathan