Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/366

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était en proie à une fièvre d’impatience et de terreur impossible à décrire. Jusqu’à présent, nul dans le camp ne s’était, il est vrai, aperçu des mouvements insolites auxquels il avait été obligé de se livrer, mais un hasard malheureux pouvait d’un instant à l’autre révéler ses projets de fuite ; il suffisait pour cela qu’un Indien réveillé par le froid piquant de la nuit vînt passer auprès de lui en cherchant par une promenade à rétablir la circulation du sang dans ses veines.

Puisque ses amis l’oubliaient, le jeune homme résolut de se tirer d’affaire tout seul.

D’abord il lui fallait se débarrasser de son second gardien, ensuite il aviserait. Alors, tout en demeurant étendu sur le sol et en continuant toujours à feindre un profond sommeil, il rampa doucement du côté du second guerrier.

Il n’approchait pour ainsi dire que ligne par ligne, pouce par pouce, tant son mouvement était insensible et calculé !

Enfin il arriva à deux pas à peine du guerrier, dont le sommeil paisible l’avertit qu’il pouvait agir sans crainte.

Nathan se recueillit un instant, se ramassa sur lui-même et, bondissant comme un jaguar, il posa le genou sur la poitrine de l’Indien, pendant que de la main gauche il lui comprimait fortement la gorge.

Le Comanche, réveillé en sursaut, fit un brusque mouvement pour se débarrasser de cette étreinte fatale et ouvrit des yeux égarés qu’il promena avec épouvante autour de lui.

Nathan, sans prononcer une parole, tira le couteau qu’il avait passé à sa ceinture et l’enfonça dans le cœur de l’Indien tout en continuant à le maintenir.