Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/373

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Curumilla se mit à réunir les feuilles éparses afin d’allumer le feu du déjeuner.

Valentin, appuyé sur le canon de son rifle, les sourcils froncés et le front sillonné de rides profondes, regardait alternativement autour de lui.

Dans l’endroit où les chasseurs avaient établi leur campement provisoire était une roche nue sur laquelle ne croissait aucune végétation ; un immense mélèze ombrageait presque entièrement cette place qu’il couvrait de ses branches touffues.

Le chasseur promenait incessamment son regard intelligent du ciel à la terre, comme s’il eût eu le pressentiment qu’en ce lieu il devait retrouver la trace de cette piste si longtemps cherchée.

Tout à coup il poussa un hem ! sonore. À ce cri, signal convenu entre l’Indien et lui, Curumilla cessa de ramasser ses feuilles, leva la tête et le regarda.

Valentin marcha vers lui d’un pas rapide. Les deux Mexicains se levèrent avec empressement et le rejoignirent.

— Avez-vous découvert quelque chose ? lui demanda don Miguel avec curiosité.

— Non, répondit Valentin, mais je ne tarderai probablement pas.

— Ici ?

— Oui, ici même, je sens les brisées du sanglier, dit-il avec un fin sourire ; croyez-moi, bientôt nous les verrons.

En disant cela, le chasseur se baissa, ramassa une poignée de feuilles et commença à les examiner une par une avec attention.

— Que pourront vous apprendre ces feuilles ? murmura don Miguel en haussant les épaules.