Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/376

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d’instinct sublime qui vous aide à vous diriger dans la prairie, bien que maintes fois vous m’en ayez donné des preuves qui m’ont saisi d’admiration ; pourtant, je vous confesse que ce qui se passe en ce moment surpasse pour moi tout ce que je vous ai vu faire jusqu’à ce jour.

— Mon Dieu, répondit Valentin, vous me faites des compliments que je suis loin de mériter ; tout cela est une affaire de raisonnement et surtout d’habitude. Ainsi, par exemple, pour vous comme pour moi, il est évident, n’est-ce pas, que le Cèdre-Rouge est venu ici ?

— Oui.

— Fort bien ; puisqu’il y est venu, il a fallu qu’il en partît, fit le chasseur en riant, par la raison qu’il n’y est plus, sans cela nous le tiendrions déjà.

— C’est positif.

— Bon ; maintenant cherchez comment il a pu partir.

— Voilà où justement je ne vois plus rien.

— Parce que vous êtes aveugle, ou plutôt parce que vous ne voulez pas vous en donner la peine.

— Oh ! pour cela, mon ami, je vous jure…

— Pardon, je me trompe ; c’est parce que vous ne savez pas vous rendre compte de ce que vous voyez.

— Comment, je ne sais pas me rendre compte de ce que je vois ! dit don Miguel un peu piqué de cette observation.

— Certainement, reprit flegmatiquement Valentin, et vous allez en convenir avec moi.

— Je ne demande pas mieux.

Malgré sa haute intelligence et les grandes qualités dont il était doué, Valentin avait le faible, commun à