Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/375

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Dans les empreintes que nous avons reconnues, ainsi que je vous l’ai dit, c’est le talon qui d’abord a porté et se trouve beaucoup plus enfoncé que le reste du pied ; cela se comprend et est presque impossible autrement lorsque l’on marche en arrière, surtout pendant longtemps.

— C’est vrai, répondit don Miguel ; ce que vous dites est on ne peut plus logique.

Valentin sourit.

— Nous ne sommes pas au bout, dit-il, laissez-moi faire.

— Mais, observa don Pablo, en supposant que le Cèdre-Rouge soit venu jusqu’ici, ce que je crois ainsi que vous maintenant, comment se fait-il que nous ne retrouvons pas ses traces de l’autre côté du rocher ? Quelque soin qu’il ait mis à les dissimuler, si elles existaient, nous les découvririons.

— Sans doute ; mais elles n’y sont pas, et il est inutile de perdre le temps à les chercher. Le Cèdre-Rouge est venu ici, cette ligne vous le montre ; mais pourquoi est-il venu ? me demanderez-vous. Par une raison bien facile à comprendre : sur ce sol granitique, les traces sont impossibles ; le squatter a voulu nous fourvoyer en nous conduisant, si nous parvenions à déjouer ses ruses, dans une place où nous perdrions complètement sa direction. Il a réussi jusqu’à un certain point ; seulement il a voulu être trop fin et il a dépassé le but : avant dix minutes, je vous montrerai la piste aussi claire et aussi nette que s’il l’avait indiquée à plaisir.

— Je vous avoue, mon ami, que tout ce que vous me dites m’étonne profondément, reprit don Miguel ; je n’ai jamais rien pu comprendre à cette espèce