Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/379

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étaient comme foudroyés par une preuve aussi incroyable de sagacité.

— C’est miraculeux ! s’écria don Miguel. Ainsi vous croyez que c’est par cet arbre que le Cèdre-Rouge est parti ?

— Je le parierais. Du reste, vous en aurez bientôt certitude, car nous allons suivre la même route.

— Eh ! mais nous ne pourrons pas faire beaucoup de chemin ainsi.

— Vous vous trompez. Dans les forêts vierges du genre de celle qui s’étend là-devant nous, la route que nous allons suivre est presque la seule praticable. Allons, allons, maintenant que nous avons retrouvé la piste de notre bandit pour ne plus la perdre, je l’espère, déjeunons vivement afin de nous mettre plus vite à sa poursuite.

Les chasseurs s’assirent gaiement autour du feu et mangèrent un cuissot d’ours gris.

Mais l’impatience leur fit, comme on dit vulgairement, mettre les morceaux doubles, si bien que le repas fut expédié en un tour de main, et bientôt ils furent prêts à recommencer leurs recherches.

Valentin, afin de prouver à ses amis l’exactitude des renseignements qu’il leur avait donnés, employa pour monter sur l’arbre le moyen dont s’était servi le Cèdre-Rouge.

Effectivement, lorsque les chasseurs furent réunis sur la branche, ils reconnurent la vérité de ce que leur avait dit Valentin : les traces du Cèdre-Rouge étaient visibles partout.

Ils marchèrent ainsi pendant assez longtemps en suivant les brisées laissées par les bandits ; cependant plus ils avançaient, plus ces brisées devenaient