Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/380

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rares, et bientôt elles finirent par disparaître tout à fait.

La piste fut une seconde fois perdue.

Valentin s’arrêta, et appelant du geste ses amis à ses côtés :

— Tenons conseil, dit-il.

— Je pense, observa don Miguel, que le Cèdre-Rouge a supposé sa piste assez longue sur les arbres et qu’il est descendu sur le sol.

Valentin secoua la tête.

— Vous n’y êtes pas, dit-il, mon ami ; ce que vous avancez là est matériellement impossible.

— Pourquoi cela ?

— Parce que la piste, ainsi que vous le voyez, cesse brusquement au-dessus d’un lac.

— C’est vrai.

— Alors, il est évident, n’est-ce pas, que le Cèdre-Rouge ne l’a pas traversé à la nage ? Marchons en avant quand même, je suis certain que bientôt nous retrouverons des traces ; cette direction est la seule que le Cèdre-Rouge a dû suivre. Son but est de traverser la ligne d’ennemis qui le cernent de toutes parts ; s’il s’enfonçait dans les montagnes, nous le savons par expérience et il le sait aussi bien que nous, il périrait infailliblement ; donc il ne peut s’évader que par là, et c’est par là que nous devons le poursuivre.

— En demeurant toujours sur les arbres ? demanda don Miguel.

— Pardieu ! N’oubliez pas, mes amis, que les bandits mènent avec eux une jeune fille. Cette pauvre enfant n’est pas, comme eux, habituée à ces marches terribles du désert ; elle ne pourrait les supporter une heure si son père et ses frères n’avaient pas le