Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/393

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Curumilla, assis commodément dans un fouillis de branches au milieu duquel il était parfaitement invisible aux regards de ceux qui l’auraient épié d’en haut, riait silencieusement tout seul.

C’était une chose si extraordinaire que de voir rire Curumilla, l’heure lui paraissait tellement insolite, que Valentin en fut effrayé, et dans le premier moment il ne fut pas loin de croire que son digne ami était subitement devenu fou.

— Ah çà ! chef, lui dit-il en regardant de tous les côtés, me direz-vous pourquoi vous nez ainsi ? Quand ce ne serait que pour vous imiter, je ne serais pas fâché de connaître la cause de cette grande gaieté.

Curumilla fixa sur son ami son œil intelligent et lui répondit avec un sourire plein de bonne humeur :

— L’Ulmen est content.

— Je le vois bien, reprit Valentin ; seulement j’ignore pourquoi et je voudrais le savoir.

— Curumilla a tué l’ours, dit sentencieusement l’Aucas.

— Bah ! fit Valentin avec étonnement.

— Que mon frère regarde, voilà le cousin du sachem.

L’Unicorne fit un mouvement de mauvaise humeur.

Valentin et ses amis suivirent du regard la direction que leur indiquait l’Araucan.

Le lasso de Curumilla, fortement attaché à la branche sur laquelle se tenaient les chasseurs, pendait dans l’espace ; à son extrémité se balançait une masse noire et informe :

C’était le cadavre de l’ours.

Curumilla, lors de la conversation de l’Unicorne avec son parent, avait épié avec attention les mouve-