Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/394

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ments de l’animal ; de même qu’à Valentin ces mouvements ne lui avaient pas paru suffisamment naturels, il avait voulu savoir à quoi s’en tenir ; en conséquence, il avait attendu le départ de ses amis, avait attaché l’extrémité de son lasso à une grosse branche, et pendant que l’ours, sans défiance, se croyant délivré de ses visiteurs, descendait nonchalamment de son perchoir, l’Indien l’avait sournoisement lassé. À cette attaque imprévue l’animal avait trébuché, perdu l’équilibre ; bref, il avait fini par tomber et était resté suspendu dans l’espace, grâce au nœud coulant qui lui serrait le cou, ce qui l’avait préservé de se briser les os ; il est vrai qu’en récompense il s’était étranglé.

Les chasseurs se mirent en devoir de ramener le lasso à eux.

Tous brûlaient de savoir s’ils s’étaient trompés.

Après quelques efforts, le cadavre de l’animal se trouva étendu sur la branche.

Valentin se courba vivement sur lui, mais il se releva presque aussitôt.

— J’en étais sûr, dit-il avec mépris.

Il donna un coup de pied sur la tête du cadavre. Cette tête se détacha et roula dans l’abîme en laissant voir à sa place le visage de Nathan, dont les traits violacés étaient horriblement contractés.

— Oh ! firent-ils, Nathan !

— Oui, reprit Valentin, le fils aîné du Cèdre-Rouge.

— Un !… dit lugubrement don Miguel.

Ce pauvre Nathan n’était pas heureux en déguisements : avec le premier, il avait manqué d’être brûlé vif ; avec le second, il avait été pendu.