Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/398

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dont les traits pâles, flétris et la maigreur extrême avaient quelque chose de fatal.

Mme Guillois s’aperçut de l’émotion de son fils, elle sourit tristement.

— Tu le vois, dit-elle avec douceur, je n’aurai pas longtemps à t’être à charge ; bientôt le Seigneur me rappellera à lui.

— Oh ! ne parlez pas ainsi, ma mère ; chassez ces sombres pensées ; vous avez, je l’espère, encore de longs jours à passer auprès de moi.

La vieille dame hocha la tête comme font les vieillards lorsqu’ils se croient certains d’une chose.

— Pas de folles illusions, mon fils, dit-elle d’une voix ferme ; sois homme, prépare-toi à une séparation prochaine et inévitable ; seulement, promets-moi une chose.

— Parlez, ma mère.

— Quoi qu’il arrive, jure-moi de ne plus m’éloigner de toi.

— Mais c’est un meurtre que vous me commandez, ma mère ; dans l’état où vous vous trouvez, il vous est impossible de faire deux jours seulement la vie que je mène.

— Peu importe, mon fils, je ne veux plus te quitter ; fais-moi le serment que je te demande.

— Ma mère ! dit-il avec hésitation.

— Tu me refuses, mon fils ! s*écria-t-elle avec douleur.

Valentin se sentit le cœur navré ; il n’eut pas le courage de résister plus longtemps.

— Eh bien, murmura-t-il avec des larmes dans la voix, puisque vous l’exigez, ma mère, soyez satisfaite ; je vous jure que nous ne nous séparerons plus.