Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/401

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son, il s’étendit sur le sol, ferma les yeux et chercha le sommeil, ce grand consolateur des affligés, qui l’appellent souvent longtemps en vain avant qu’il daigne venir pour quelques heures leur verser l’oubli de leurs douleurs.

Il commençait à peine à sommeiller lorsqu’une main se posa doucement sur son épaule, et une voix timide murmura son nom à son oreille.

Le chasseur ouvrit subitement les yeux en se redressant brusquement :

— Qui va là ? dit-il.

— Moi ! la Gazelle blanche.

En effet, la jeune femme se tenait immobile à ses côtés.

Valentin, complètement réveillé, jeta loin de lui sa robe de bison, se leva, et après s’être secoué un instant :

— Je suis à vos ordres, dit-il, que désirez-vous ?

— Vous demander un conseil, répondit-elle.

— Parlez, je vous écoute.

— Cette nuit, pendant que l’Unicorne et vous vous cherchiez le Cèdre-Rouge d’un côté, le Chat-Noir et moi nous le cherchions d’un autre, reprit-elle.

— Sauriez-vous où il se trouve ? interrompit-il vivement.

— Non, mais je le soupçonne.

Il lui lança un regard interrogateur qu’elle supporta sans baisser les yeux.

— Vous savez bien qu’à présent je vous suis toute dévouée, dit-elle avec candeur.

— Pardonnez-moi, j’ai tort ; veuillez continuer, je vous prie.

— Lorsque je vous ai dit que j’avais un conseil à