Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/405

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pas de là, et s’éloigna au galop, après avoir fait au chasseur un dernier geste de remercîment.

— Singulière créature ! murmura Valentin.

Comme le jour était venu pendant cette conversation et que le soleil était levé, le Français se dirigea vers le calli de l’Unicorne, afin de faire assembler le conseil des grands chefs.

Dès que le chasseur fut entré dans le calli, don Pablo, qui, jusqu’à ce moment, était demeuré immobile, les yeux fermés et paraissant dormir, se leva subitement.

— Mon Dieu ! s’écria-t-il en joignant les mains avec ferveur, comment sauver la pauvre Ellen ? Si elle tombe entre les mains de cette furie, elle est perdue !

Puis, après un instant de réflexion, il s’élança en courant vers le calli de l’Unicorne. Valentin sortait au moment où le jeune homme arrivait à la porte.

— Où allez-vous donc ainsi tout courant, mon ami ? lui demanda-t-il.

— Je voudrais un cheval, répondit don Pablo.

— Un cheval ! fit Valentin avec étonnement, pour quoi faire ?

Le Mexicain lui jeta un regard d’une expression étrange.

— Pour me rendre au camp du Blood’s Son, dit-il résolument.

Un sourire triste se dessina sur les lèvres du Français. Il serra la main du jeune homme en lui disant d’une voix sympathique :

— Pauvre enfant !

— Laissez-moi y aller, Valentin, je vous en conjure, lui dit-il avec prière.