Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/416

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où il avait passé ; puis, lorsqu’il fut bien certain que rien ne viendrait signaler sa présence, il se laissa, à son tour, glisser dans le trou.

Le premier soin des bandits fut d’explorer leur domaine.

Il était immense.

Cette caverne s’enfonçait à une profondeur considérable sous la montagne. Elle se partageait en plusieurs branches et en plusieurs étages, dont les uns montaient jusqu’au sommet de la montagne, tandis que d’autres, au contraire, s’enfonçaient en terre ; un lac souterrain, réservoir de quelque rivière sans nom, s’étendait à perte de vue sous une voûte basse, toute noire de chauves-souris.

Cette caverne avait plusieurs sorties dans des directions diamétralement opposées ; ces sorties étaient si bien dissimulées qu’il était impossible de les apercevoir du dehors.

Une seule chose inquiétait les aventuriers, c’était la possibilité de se procurer des vivres ; mais à cela le Cèdre-Rouge avait répondu que rien n’était plus facile que de tendre des trappes, et même de chasser dans la montagne.

Ellen s’était endormie d’un sommeil de plomb sur un lit de fourrure que son père lui avait préparé à la hâte. La malheureuse enfant avait tellement souffert et enduré tant de fatigues depuis quelques jours, qu’elle ne pouvait littéralement plus se soutenir.

Lorsque les trois hommes eurent visité la grotte, ils revinrent s’asseoir auprès d’elle.

Le Cèdre-Rouge la regarda un instant dormir avec une expression de tristesse infinie ; il aimait trop sa fille pour ne pas la plaindre et ne pas songer avec