Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/417

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


douleur au sort affreux qui l’attendait auprès de lui ; malheureusement le remède était impossible.

Fray Ambrosio, dont l’esprit était toujours en éveil, arracha le squatter à sa double contemplation.

— Eh ! compadre, lui dit-il, nous sommes condamnés probablement à demeurer ici quelque temps, n’est-ce pas ?

— Jusqu’à ce que ceux qui nous poursuivent, fatigués de nous chercher vainement de tous les côtés, prennent enfin le parti de s’en aller.

— Cela peut être long ; alors, pour plus de sûreté, je suis d’avis de faire une chose.

— Laquelle ?

— Il y a ici des monceaux de blocs de pierre que le temps a détachés de la voûte ; si vous m’en croyez, avant de nous endormir, nous en roulerons trois ou quatre des plus gros jusqu’au trou par lequel nous sommes entrés.

— Pourquoi cela ? demanda le squatter avec distraction.

— Dans la position où nous sommes, deux précautions valent mieux qu’une ; les Indiens sont des démons si rusés qu’ils sont capables de descendre dans le creux de l’arbre.

— Le padre a raison, vieux, dit Sutter qui dormait à moitié ; ce n’est pas un grand travail que de rouler ces pierres, mais au moins comme cela nous serons tranquilles.

— Faites ce que vous voudrez, répondit le squatter en se remettant à contempler sa fille.

Les deux hommes, forts de l’approbation de leur chef, se levèrent sans plus tarder afin d’accomplir ce qu’ils avaient projeté ; une demi-heure plus tard, le