Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/423

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mouvement de jeunesse irrésistible, il lui tendit la main.

La jeune fille la serra avec effusion, essuya une larme, et, chassant de son cœur toute trace d’émotion :

— Maintenant, dit-elle, plus un mot ; nous nous entendons, n’est-ce pas ?

— Oh oui ! répondit-il avec joie.

— Traversons la rivière, fit-elle en souriant, nous serons au camp dans dix minutes ; nul ne doit savoir ce qui s’est passé entre nous.

Dix minutes plus tard, en effet, ils arrivaient au camp du Blood’s Son, où ils furent reçus avec des cris de joie et des souhaits de bien-venue.

Ils traversèrent le camp au galop et ne s’arrêtèrent que devant la hutte du partisan.

Celui-ci, distrait par le bruit de leur arrivée, était sorti et les attendait au-dehors.

La réception fut cordiale.

Après les premiers compliments, la Gazelle blanche expliqua à son oncle le résultat de sa démarche et ce qui s’était passé au camp de l’Unicorne pendant qu’elle s’y trouvait.

— Ce Cèdre-Rouge est un véritable démon, répondit-il ; moi seul ai entre les mains les moyens de m’en emparer.

— De quelle façon ? demanda don Pablo.

— Vous allez voir, dit-il. Sans s’expliquer davantage, il porta un sifflet d’argent à ses lévites et en tira un son clair et prolongé.

À cet appel, le rideau en peau de bison de la hutte fut soulevé du dehors et un homme parut.

Don Pablo reconnut Andrès Garote. Le gambucino salua avec cette politesse pateline particulière aux