Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/429

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


fouillait en vain ses souvenirs pour se rappeler en quelle circonstance.

— Oh ! dit-il en se parlant à lui-même d’une voix basse et concentrée, si je touchais enfin à l’accomplissement de l’œuvre à laquelle j’ai voué ma vie !

Il tomba dans une profonde rêverie et demeura pendant un laps de temps assez grand les yeux fixés devant lui, sans rien voir, absorbé par le flot de souvenirs amers qui lui oppressaient la poitrine.

Enfin il releva la tête, secoua d’un mouvement brusque sa chevelure épaisse, et passant la main sur son front :

— Plus d’hésitation, dit-il d’une voix creuse, sachons à quoi nous en tenir. Quelque chose me dit que cette fois mes recherches seront couronnées de succès.

Alors il saisit un des crochets d’une main convulsive et l’introduisit dans la serrure, mais son émotion était si forte qu’il lui fut impossible de faire agir l’instrument, et il le rejeta avec colère.

— Suis-je donc un enfant ? dit-il. Soyons calme.

Il reprit le crochet d’une main ferme. La cassette s’ouvrit.

Le Blood’s Son regarda avidement dans l’intérieur.

Elle ne contenait que deux lettres jaunies et froissées par le temps.

À leur vue, une pâleur livide couvrit le visage du partisan ; il avait sans doute du premier coup d’œil reconnu l’écriture. Il poussa un rugissement de joie, et s’empara de ces lettres en s’écriant d’une voix qui n’avait plus rien d’humain :

— Les voilà donc ces preuves que je croyais détruites !