Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/430

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Il déplia le papier avec la précaution la plus minutieuse afin de ne pas en déchirer les plis, et commença à lire.

Bientôt un soupir de satisfaction s’échappa de sa poitrine oppressée.

— Ah ! murmura-t-il, Dieu vous livre enfin à moi, mes maîtres ; nous allons régler nos comptes…

Il replaça les lettres dans la cassette, la referma et la cacha dans son sein.


XXXVIII.

Une fumée dans la montagne.

Les trois aventuriers étaient sortis rapidement du camp du Blood’s Son et avaient pris la direction des montagnes.

Ils galopaient silencieusement aux côtés l’un de l’autre.

Ils pressentaient que le dénoûment de ce drame terrible approchait, et malgré eux leurs pensées étaient tristes.

L’homme est ainsi fait que le sentiment qui le domine le plus est celui de la tristesse ; l’organisation humaine est faite en vue de la lutte, la joie n’est qu’une anomalie ; taillé pour résister aux épreuves les plus dures, l’homme le plus fort est souvent celui qui succombe le plus facilement à une grande joie ; aussi, chose étrange, rien ne ressemble plus au bonheur que la tristesse : les symptômes sont si complètement les mêmes qu’une grande joie annihile autant les facultés qu’une grande douleur.