Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/438

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Garote ne fit pas d’objection.

La Gazelle blanche se lança sur la pente de la montagne avec une ardeur fiévreuse.

Le gambucino étendit soigneusement son manteau de bison sur le sol, s’enveloppa de son zarapè et se coucha.

— Que faites-vous ? lui demanda don Pablo.

— Vous le voyez, répondit-il, je me prépare à dormir ; nous n’avons plus rien à faire à présent, il nous faut attendre à demain pour agir ; je vous conseille de suivre mon exemple.

— C’est vrai, dit le jeune homme, vous avez raison, et, se roulant dans son zarapè, il se laissa tomber sur le sol.

Une heure s’écoula ainsi, les deux hommes dormaient ou semblaient dormir.

Soudain don Pablo se releva doucement sur le coude et se pencha avec précaution sur son compagnon qu’il examina attentivement.

Andrès Garote dormait bien réellement du plus tranquille sommeil.

Le jeune homme rassuré, se leva, visita ses armes avec soin, et après avoir jeté un dernier regard au dormeur il descendit la montagne.

La lune était levée, ses rayons blafards répandaient sur le paysage une lueur à peine suffisante pour se diriger sans craindre de rouler dans un précipice.

Le jeune homme, arrivé à la plate-forme inférieure où s’ouvrait l’entrée de la caverne au fond de laquelle brillait toujours la lueur faible et tremblotante du feu, s’arrêta un instant, fit une prière mentale en levant les yeux au ciel resplendissant d’étoi-