Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/462

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— J’accuse cet homme des mêmes crimes, dit don Pablo, il a enlevé et tué ma sœur.

— J’accuse cet homme d’avoir brûlé la maison de mon père et de ma mère, d’avoir assassiné mes parents et de m’avoir livrée à des bandits pour m’élever dans le crime, dit la Gazelle blanche.

— Moi, dit le Blood’s Son, je l’accuse des mêmes crimes ; le père de cette jeune fille était mon frère.

Il y eut un mouvement d’horreur dans l’assemblée.

Valentin, ayant consulté les juges à voix basse :

— Le Cèdre-Rouge, reconnu coupable à l’unanimité, est condamné à être scalpé, puis pendu.

Sutter fut condamné à être pendu seulement ; les juges eurent égard à sa jeunesse et aux mauvais exemples qu’il avait constamment eus sous les yeux.

Le tour du moine était arrivé.

— Un instant, dit le Blood’s Son en s’avançant ; cet homme est un misérable aventurier qui n’a pas le droit de porter la robe que depuis si longtemps il déshonore ; je demande qu’avant de dire ses crimes on l’en dépouille.

— À quoi bon perdre votre temps à m’accuser et à faire toutes vos simagrées de justice ? répondit ironiquement Fray Ambrosio. Vous tous qui nous jugez, vous êtes aussi criminels que nous ; vous êtes des assassins, car vous usurpez sans aucun droit un mandat qui ne vous appartient pas. Cette fois, par hasard, vous frappez juste ; dans mille autres circonstances, dominés par la populace qui nous environne, vous condamnez des innocents. Ce sont mes crimes que vous voulez savoir, je vais vous les dire, moi.

Cet homme a raison, je ne suis pas moine, je ne l’ai jamais été ; j’ai commencé par la débauche, j’ai