Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/66

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quelques-uns, dont la douleur était plus forte ou plus exagérée, se faisaient des incisions sur les bras, ou d’un coup de leurs coutelas se tranchaient une phalange de l’un des doigts de la main gauche en signe de deuil.

Lorsque tout fut prêt, le sachem se plaça à côté de la tête du cadavre, et s’adressant aux assistants :

— Pourquoi pleurez-vous ? leur dit-il, pourquoi vous lamentez-vous ? Voyez, je ne pleure pas, moi, son ami le plus ancien et le plus dévoué. Il est allé dans l’autre pays, le Wacondah l’a rappelé à lui ; mais si nous ne pouvons le faire revenir parmi nous, notre devoir est de le venger ! Les Faces Pâles l’ont tué, nous tuerons le plus de Faces Pâles qu’il nous sera possible, afin qu’ils l’accompagnent, lui fassent cortège, s’attachent à son service, et qu’il arrive près du Wacondah comme un guerrier renommé doit y paraître ! Mort aux Faces Pâles !

— Mort aux Faces Pâles ! crièrent les Indiens en brandissant leurs armes.

Le chef détourna la tête et un sourire de dédain plissa ses lèvres blêmes à cette explosion enthousiaste.

Mais ce sourire n’eut que la rapidité d’un éclair. Reprenant aussitôt l’impassibilité indienne, Stanapat, avec tout le décorum usité en pareil cas, revêtit le cadavre, à la manière des Peaux Rouges, des plus belles robes que l’on trouva et des plus riches couvertures.

Le corps fut ensuite placé assis dans la fosse creusée pour lui, dont le fond et les côtés avaient été garnis de bois ; on y ajouta un mors, un fouet, des armes et quelques autres objets, puis on jeta de la terre par-dessus en ayant bien soin de le recouvrir de gros-