Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/68

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Un seul demeura impassible et immobile comme si ces paroles n’avaient pas été adressées à lui aussi bien qu’aux autres. Stanapat se tourna vers lui, et après l’avoir considéré un instant :

— Mon fils l’Élan-Rapide ne m’a pas entendu, sans doute, dit-il ; qu’il rejoigne ses compagnons.

— L’Élan-Rapide a entendu son père, répondit froidement l’Indien.

— Alors, pourquoi reste-t-il ici ?

— Parce qu’il n’a pas dit ce qu’il a vu et que ce qu’il a vu est important pour le chef.

— Ooah ! fit Stanapat. Et qu’a donc vu mon fils que ses compagnons n’ont pas découvert ?

— Les guerriers étaient en quête d’un autre côté ; voilà pourquoi ils n’ont point aperçu de piste.

— Et mon fils en a trouvé une ?

L’Élan-Rapide inclina affirmativement la tête.

— J’attends que mon fils s’explique, reprit le chef.

— Les Faces Pâles sont à deux jets de flèche du camp de mon père, répondit l’Indien laconiquement.

— Oh ! oh ! fit le chef avec doute, cela me semble fort.

— Mon père veut-il voir ?

— Je veux voir, dit Stanapat en se levant.

— Que mon père me suive et il verra bientôt.

— Allons.

Les deux Indiens se mirent en route. L’Élan-Rapide fit traverser le bois au sachem et, arrivé sur les bords du fleuve, il lui montra à peu de distance un rocher dont la noire silhouette s’élevait silencieuse et sombre sur la rive du Gila.

— Ils sont là, dit-il en étendant le bras dans la direction du rocher.

— Mon fils les a vus ?