Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/91

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Dès qu’il se montra sur le seuil de la hutte, tous les chefs se levèrent. L’Unicorne s’avança vers lui et lui tendit respectueusement son bras droit sur lequel il s’appuya.

Le vieillard, guidé par l’Unicorne, s’approcha, en chancelant du feu devant lequel il s’accroupit.

Les autres chefs prirent place à ses côtés, les guerriers formèrent un vaste cercle par-derrière.

Le grand calumet de paix fut apporté par le porte-pipe qui le présenta au vieillard.

Lorsque le calumet eut passé de main en main et fait le tour du cercle, la Panthère prit la parole.

Sa voix était basse, sourde ; mais, grâce au silence profond qui régnait dans la foule, elle fut entendue de tous.

— Mes fils, dit-il, je vais partir pour l’autre contrée ; bientôt je serai près du maître de la vie. Je dirai aux guerriers de notre nation que je rencontrerai sur ma route que les Comanches sont toujours invincibles et que leur nation est la reine des prairies.

Un murmure de satisfaction bientôt étouffé accueillit ces paroles du vieillard.

Au bout d’un instant il reprit :

— Continuez à être braves comme vos ancêtres, dit-il ; soyez implacables pour les Faces Pâles, ces loups dévorants recouverts de la peau de l’élan ; qu’ils prennent toujours les pieds de l’antilope pour fuir plus rapides devant vous, et ne puissent jamais voir les queues de loup que vous attachez à vos talons ! Ne goûtez jamais à l’eau de feu, ce poison à l’aide duquel les Faces Pâles nous énervent, nous rendent faibles comme des femmes et incapables de venger nos injures. Parfois, lorsque pendant les longues nuits