Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/90

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lan rapide ; son œil voilé ne distingue qu’avec peine les objets les plus rapprochés.

— La Panthère n’est plus utile à ses frères auxquels, au contraire, il devient à charge ; il doit mourir, dit sentencieusement le Chat-Noir.

— C’est ce que le chef a pensé ; il a aujourd’hui communiqué ses intentions au conseil réuni autour du feu où nous sommes, et c’est moi, son fils, qui suis chargé de lui ouvrir les portes de l’autre vie.

— La Panthère est un chef sage : que faire de l’existence lorsqu’elle doit être à charge aux siens ! Le Wacondah a été bon pour les Peaux Rouges en leur donnant le discernement nécessaire pour se débarrasser des vieillards et des infirmes, et les envoyer dans un autre monde où ils seront renouvelés, et, après cette courte épreuve, chasseront avec toute la vigueur de la jeunesse.

— Mon frère a bien parlé, répondit l’Unicorne en s’inclinant.

En ce moment, il se fit un certain mouvement dans la foule rassemblée devant la cabane des sueurs où le vieux chef était renfermé.

La porte s’ouvrit, la Panthère parut.

C’était un vieillard d’une taille majestueuse. Chose rare parmi les Indiens qui conservent fort longtemps les apparences de la jeunesse, ses cheveux et sa barbe, qui tombaient en désordre sur ses épaules et sa poitrine, étaient d’une blancheur éclatante.

On voyait sur son visage, dont les traits étaient empreints d’une énergie invincible, toutes les marques d’une décrépitude arrivée à sa dernière période.

Il était revêtu de ses plus beaux habits, peint et armé en guerre.