Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/102

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madame, de vous adresser à présent une question. Vous êtes-vous munie d’argent de poche ?

— J’ai dix mille francs en billets de banque dans mon portefeuille.

— À la bonne heure. Avec ce viatique, on peut faire le tour du monde. Il serait important que je vous tinsse au courait de ce qui se passera à Saint-Jean-de-Luz, madame ?

— Aussitôt arrivée à Paris, je vous écrirai, mon cher docteur, et je vous donnerai mon adresse.

— Bien. De cette façon, vous serez prévenue, et vous prendrez vos précautions en conséquence.

— Je ne sais vraiment pas comment je pourrai jamais m’acquitter envers vous.

— Bah ! qui sait ? Mais ne parlons pas de cela en ce moment. Voici deux autres passeports, un anglais, l’autre allemand. Peut-être aurez-vous besoin de changer de nationalité. Ces passeports sont parfaitement en règle ; vous pouvez vous en servir en toute assurance, le cas échéant. Oh ! à propos, vous vous nommez don Luis Paredès de Ochoa, n’oubliez pas ce nom.

— Don Luis Paredès de Ochoa, très bien, je m’en souviendrai.

— C’est tout ce que j’avais à vous dire, madame ; il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne réussite.

— Un instant encore, je vous en prie, docteur ; j’ai, moi, quelque chose à vous dire.

— Vous savez que je me suis mis à vos ordres, madame.

— Oui, mon cher docteur, grandement et noblement, ce dont je ne vous serai jamais assez reconnaissante ; et cela sans me connaître autrement que de nom, et sans savoir qui j’étais et si je méritais votre généreuse protection.

— Madame…

— Je sais tout ce que vous allez me dire, mon bon docteur, interrompit-elle en souriant ; mais nous allons nous quitter dans quelques minutes, et cela peut-être pour