Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/123

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Lisez, dit simplement le policier parisien, en lui présentant le papier.

— Le juge d’instruction lut ; une expression de stupeur parut sur son visage.

— Ceci a été écrit par le marquis de Garmandia, dit-il, le doute est impossible à présent.

Le papier et la bouteille furent mis soigneusement de côté ; l’on retourna au jardin.

— Creusez à la place où vous voyez une croix, dit le juge d’instruction.

Deux paysans se mirent à l’œuvre ; on les avait requis tout exprès pour cette besogne.

Le policier les surveillait attentivement.

Bientôt un cadavre de femme apparut ; il était entièrement décomposé et complètement méconnaissable, mais il avait conservé la plus grande partie de ses vêtements.

Détail horrible, ce cadavre était garrotté avec de fortes cordes. On le tira de la fosse avec précaution et on l’étendit sur l’herbe.

Alors on aperçut un second cadavre couvert d’un costume de matelot. Comme le premier, il était méconnaissable ; le cadavre de femme avait conservé des lambeaux de gants ; dans un de ces gants, on trouva un anneau d’or, une alliance.

Le juge instruction l’ouvrit ; deux noms étaient gravés à l’intérieur : Tancrède, Léona, et une date : 25 mai 1858.

Il fut constaté que la jeune femme avait été enterrée vivante. Ses vêtements portaient tous le chiffre de madame la marquise de Garmandia ; sa chevelure, longue et fort belle, était blonde. Il fut donc prouvé que ce cadavre était celui de madame la marquise de Garmandia.

Le matelot avait été étranglé, puis jeté dans la fosse ; un livret trouvé dans une poche de son paletot, et portant le nom de Martial Séverin, servit à constater son identité, de même que l’alliance trouvée au doigt du cadavre de la