Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/124

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femme, les chiffres de ses vêtements et sa chevelure blonde avaient fait reconnaître la marquise.

Le procès-verbal, dressé séance tenante par le commissaire de police, fut signé par les deux médecins, le père et le fils, et par tous les assistants ; puis les deux cadavres furent de nouveau inhumés dans deux fosses différentes.

— Eh bien, prendrez-vous de mes almanachs maintenant, monsieur ? dit le policier au juge d’instruction dans son langage un peu vulgaire, en arrivant à Saint-Jean-de-Luz. Avais-je raison ?

— Pleinement raison, monsieur, et la preuve, c’est que je vais signer contre le marquis un mandat d’amener que je vous charge d’exécuter ; je vais immédiatement télégraphier ce qui s’est passé au ministre de la justice pour que, en arrivant à Alger, vous trouviez vos instructions et que vous n’ayez pas de difficultés avec l’autorité militaire pour l’exécution de votre mandat d’amener.

— Je vous remercie, monsieur, de cette preuve de votre satisfaction.

— C’est moi, au contraire, qui vous remercie sincèrement ; sans vous, jamais je n’aurais débrouillé les fils si bien embrouillés de cette diabolique affaire.

Le soir même, le policier partit pour Bayonne ; quatre jours plus tard, il s’embarqua pour l’Algérie, sur un trois-mâts, qui transportait les émigrants basques dans notre colonie africaine.

Aussitôt débarqué à Alger, et sans perdre un instant, le policier se rendit chez le gouverneur général.

Le gouverneur avait reçu des ordres du ministre de la justice, il mit à la disposition du policier les forces nécessaires et lui facilita les moyens de transport pour se rendre auprès du marquis.

Le départ fut fixé au surlendemain.

Au moment où le policier allait se mettre en route avec son escorte, il fut appelé au palais du gouvernement ; là il apprit avec désespoir que, trois jours auparavant, le colonel de Garmandia s’était brûlé la cervelle dans sa tente, au milieu de son campement ; les détails de cet