Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/140

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et tremblant d’échouer, mais cette fois les choses se sont passées différemment.

— Je comprends ; la bûche, mise au feu par toi, a été par Denisà placée au milieu de la flamme.

— Oui, père ; ah ! si vous aviez vu mon bonheur !

— Hum ! de sorte que tu es engagé ?

— Oui, père, et vous le savez.

— Assez sur ce sujet. Ah ! les femmes ! les meilleures sont toujours les pires pour les choses du cœur ! Nous recauserons de cela. Continue, garçon ; comment cela a-t-il fini ?

— Vous me pardonnez donc, père ?

— Je n’ai rien à te pardonner, enfant, puisque tu ne savais rien de mes projets. C’est moi seul qui ai tort, j’ai trop attendu. Malheureusement, il est trop tard maintenant. Continue, continue, fit-il en hochant tristement la tête à plusieurs reprises.

— Oh ! le reste n’est rien. Felitz de Oyandi m’attendait dans le bois avec trois de ses amis ; quatre des miens, craignant un guet-apens, m’avaient accompagné presque malgré moi.

— C’était prudent.

— Oh ! je crois que vous n’êtes pas juste envers ce jeune homme, père ; il s’est, au contraire, conduit en galant homme. Il m’a provoqué, mais franchement. Vous savez le reste. Mais je dois vous affirmer que le combat a été loyal, de sa part comme de la mienne.

Il y eut un court silence.

— Tu as eu raison, enfant, reprit le médecin, lorsque tu m’as dit que cet homme était ton ennemi implacable ; il médite quelque horrible trahison. Il m’a tendu un piège dans lequel, à cause de mon ignorance de votre rivalité, je suis tombé. Mais cette nuit même j’écrirai à mes amis, et j’espère que mes lettres leur parviendront assez tôt pour neutraliser les effets de celles que j’ai remises à ce drôle, bien que je ne redoute aucun danger à propos d’elles.

— Qui sait, mon père ? Lorsque je l’ai quitté, Paris