Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/153

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aimer, qui par le souvenir fait encore tressaillir le cœur des vieillards, en les reportant vers leurs jeunes et heureuses années.

Le docteur raffolait littéralement de sa belle-fille, plus il la voyait, plus il l’aimait.

Maintenant il se réjouissait dans son for intérieur d’avoir cédé aux volontés de son fils, car, pensait-il, il lui aurait été impossible de trouver autre part une belle-fille plus chaste, plus aimable et surtout plus jolie.

Comme tout arrive en ce monde, le jour des fiançailles vint a son heure.

Ce jour-là, le temps était magnifique, la température d’une douceur extrême, chose rare au mois de novembre, surtout dans les Pyrénées ; on se serait cru au printemps.

Les parents et les amis des deux familles se rendirent ensemble à l’église, éloignée d’une lieue à peu près de leur demeure. Louberria est trop peu important pour avoir même une chapelle.

Le prêtre vint les recevoir à la porte même de l’église.

La messe fut dite et écoutée avec recueillement par tous ces braves montagnards, possédant, au lieu de science, la foi du charbonnier, la meilleure et la plus réellement humaine de toutes.

Après la messe, le prêtre adressa une allocution paternelle aux deux jeunes gens ; puis, après leur avoir rappelé les devoirs que leur imposait le mariage que bientôt ils contracteraient, il les fiança solennellement.

Cette cérémonie accomplie, on sortit de l’église, et on reprit le chemin de la maison du docteur en riant et en chantant des couplets joyeux, improvisés pour la plupart, car les Basques sont presque tous poëtes et surtout improvisateurs.

Le couvert était mis dans une immense salle à manger ; quarante et quelques convives, tous parents ou amis intimes des deux familles, prirent place autour de la table.

Le repas était non seulement abondant, mais surtout