Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/196

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militaire, où ils allaient comparaître devant le deuxième conseil de guerre, après avoir passé par devant les commissions mixtes.

Le sinistre convoi ne marchait qu’à petites journées.

Exposés, sans abri d’aucune sorte, à toutes les intempéries de la saison avancée dans laquelle on se trouvait, les souffrances des malheureux prisonniers furent atroces, presque intolérables.

Les soldats de l’escorte ne répondaient à leurs gémissements et à leurs plaintes que par des sarcasmes et des rires insultants.

Arrivés à M… ils furent de nouveau entassés pêle-mêle dans des cachots infects et privés d’air.

Plusieurs des prisonniers tombèrent malades. Quelques-uns durent être portés à l’hôpital, deux y moururent.

Tous les jours, les prisonniers étaient interrogés par les commissions mixtes, qui préparaient leurs actes d’accusation.

Qui ne se souvient des procédés odieux de ces commissions mixtes ?

Encore aujourd’hui, après plus de trente ans, leur souvenir est resté en exécration.

Leurs abus de pouvoir, leur partialité odieuse, sont demeurés un objet d’horreur pour tous les honnêtes gens, à quelque parti qu’ils appartiennent.

Au bout de six semaines seulement, les prisonniers comparurent enfin devant leurs juges.

Les conseils de guerre procédaient avec une rare activité.

D’ailleurs, la besogne leur était apportée toute mâchée par les commissions mixtes ; et puis les prisonniers étaient nombreux.

Il fallait se hâter d’en finir avec eux.

Le chef de l’État ne souffrait pas de lenteurs. Il fallait prouver son zèle.

L’heure des récompenses allait sonner.

La justice à la fois sommaire et implacable !

Le tour de Julian et de Bernardo arriva bientôt.