Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/215

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appartenant à la famille des cyprès, que les savants désignent sous le nom de sequoia gigantea.

Ces arbres acquièrent dans ces régions des proportions si colossales qu’elles dépassent toutes limites rationnelles, si bien que les premiers voyageurs qui les signalèrent furent presque taxés de mensonge.

Plusieurs cours d’eau, se précipitant des montagnes, se creusent un lit à travers cette forêt, qu’ils traversent, en faisant les plus capricieux détours.

Sur la rive gauche de l’un de ces cours d’eau, plus large et plus profond que les autres, et très poissonneux, au centre d’une vaste clairière, s’élevait, à l’époque où recommence notre histoire, une maisonnette construite en rondins, comme en bâtissent d’ordinaire les chasseurs et coureurs des bois de ces contrées sauvages, soit pour hiverner, soit pour s’abriter pendant la saison des grandes chasses.

Cette maison, plus régulièrement construite qu’on ne le fait d’ordinaire dans ces parages, percée de fenêtres garnies de solides volets, et élevée d’un étage, n’avait jamais eu cette destination.

Elle était la propriété d’un spéculateur canadien, qui en avait fait une auberge destinée à héberger et abriter les peu nombreux voyageurs qui se rendaient soit en Californie, soit dans l’Utah, ou revenaient de ces deux pays pour rentrer dans l’intérieur des États-Unis par le Nebraska.

Cette maison était placée au centre d’un groupe d’une vingtaine de ces cyprès dont nous avons parlé et dont le plus élevé avait cent soixante-huit mètres de haut et trente-trois mètres soixante-dix centimètres de circonférence à la base.

Les autres variaient entre cent et cent cinquante mètres de hauteur.

Un de ces conifères géants, dont tout l’intérieur était creux jusqu’à une hauteur de quinze mètres et qui ne semblait pas s’en porter plus mal pour cela, servait d’é-