Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/244

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chasseur avec ironie, Ez zitela hain presatua izan jauna Felitz Oyandi — Ne soyez pas si pressé, monsieur Felitz Oyandi.

Et d’un mouvement rapide comme la pensée, il saisit le Mayor à l’improviste, et malgré la force du bandit, il l’enleva dans ses bras et le lança sur le sol avec une violence telle que le Mayor demeura étendu sans donner signe de vie sur le sol de la salle.

De son côté, Main-de-Fer avait agi de même avec Calaveras, en lui disant d’une voix railleuse :

Hartzazu aûchet ! — Acceptez ceci.

La foudre éclatant sur la tête des deux scélérats ne les aurait pas plus épouvantés et stupéfiés que d’entendre les deux chasseurs leur parler le basque, cette langue qu’ils croyaient seuls posséder.

Aussi Cœur-Sombre avait-il eu bon marché d’eux.

Leur défense n’avait été pour ainsi dire que machinale et inconsciente.

Leurs armes avaient été enlevées en un tour de main et données à l’alcade et à son fils.

De sorte que les bandits virent soudain se dresser devant eux cinq hommes résolus et les ajustant avec un revolver à six coups de chaque main.

Ce que nous avons mis tant de temps à raconter s’était passé si rapidement, que les Mexicains, terrifiés par le succès incroyable de cet acte audacieux de violence, étaient restés sous le coup d’une surprise touchant à l’hébétement.

Ils échangeaient entre eux des regards de stupeur et faisaient force signes de croix, en grommelant des exclamations sans suite, et pour ainsi dire involontaires.

Les métis mexicains sont d’une bravoure poussée parfois jusqu’à la férocité, le couteau, le poignard ou la lame et le machete à la main.

Ils ont besoin de sentir palpiter sous leur arme la chair de leur ennemi.

Sous le plus léger prétexte, ils jouent du couteau, à Mexico même, en pleine rue, sans souci de la foule.