Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/295

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— Ma mère ? tu as vu son nom sur le médaillon, madame maman.

Il était inutile d’insister. La comtesse baissa la tête.

— Va jouer, lui dit-elle.

L’enfant ne se le fit pas répéter.

Vers trois heures, les chevaux furent sellés, les malles chargées, et l’on se remit en marche.

Vanda se tenait entre la comtesse et son fils.

On marcha dans la direction du presidio de Tubac jusque vers dix heures du soir.

La caravane fit halte sur les bords d’un affluent sans nom du Rio-Bravo-Colorado-del-Norte, au sommet d’une accore boisée, d’où l’on dominait la campagne, à une grande distance dans toutes les directions.

On s’installa pour la nuit.

Après le souper, la comtesse prit l’enfant à part et causa longuement avec elle ; puis, voyant ses paupières se fermer, elle lui fit réciter ses prières et la coucha.

La comtesse se rappela alors que dans certaines banques d’Amérique, les billets, avant d’être présentés, doivent être signés par le directeur, espèce d’endos rigoureusement exigé.

Madame de Valenfleurs reprit les billets, et malgré l’heure avancée de la nuit, elle se mit à les examiner attentivement un par un, non pas du côté de l’écriture, mais sur le verso.

Tout à coup, elle tressaillit et regarda : le billet qu’elle tenait à la main était signé ; il portait, sur le haut du verso, ces deux mots espagnols Pablo Allacuesta.

La comtesse mit le billet de côté et continua son examen.

Quatorze billets, tous émis par la même banque étaient signés de ce double nom : Pablo Allacuesta.

Ce Pablo Allacuesta était le père de Vanda, puisque elle-même l’appelait don Pablo.

Le. lendemain, pendant la marche, la comtesse reprit l’interrogatoire de l’enfant, mais avec une précaution