Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/317

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montagnes et qui, pendant la saison des pluies, devait avoir un lit assez large, mais était en ce moment presque complètement à sec.

Tout à coup une nombreuse troupe de cavaliers, vêtus de costume bariolés, appartenant à toutes les nationalités qui parcourent le désert, émergea en colonne serrée de cette gorge, et déboucha au grand trot dans la savane.

On voyait, aux rayons de la lune, briller dans la nuit le fer de leurs longues lances garnies d’une banderolle, les canons de leurs rifles et les fourreaux de fer de leurs sabres.

Tous portaient de longs zarapés dans lesquels ils s’enveloppaient, et ils avaient la tête couverte de sombreros mexicains, aux larges ailes, et garnis d’une golilla à la forme.

Il n’y avait pas à s’y tromper :

Ces cavaliers étaient des pirates des prairies de l’Ouest.

Ils paraissaient bien disciplinés.

Leur nombre, autant qu’on en pouvait juger, semblait être assez élevé ; ils étaient au moins soixante-dix ou quatre-vingts.

Ces cavaliers firent halte sur la place même où les bisons avaient passé.

Un d’entre eux, leur chef probablement, s’entretint pendant cinq ou six minutes avec deux cavaliers, qui, ensuite, s’éloignèrent au galop dans la direction prise par les Indiens.

Les autres firent encore quelques pas et s’arrêtèrent au pied d’un monticule assez élevé, où ils s’arrêtèrent définitivement.

Les cavaliers sautèrent à terre et établirent leur campement en face de l’accore, mais hors de portée de fusil.

En quelques minutes, ils eurent entouré leur bivouac d’une espèce de barricade peu élevée.

Puis ils attachèrent leurs chevaux au piquet sans les desseller ni leur enlever le mors, et ils allumèrent dix feux de veille en étoile.