Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/324

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distinction, et sans autre raison que leur implacable haine contre tout ce qui leur est étranger.

Et lorsqu’ils n’ont pas d’autres ennemis à combattre, ils s’égorgent et se massacrent entre eux, pour le seul plaisir de voir couler le sang.

Tels étaient les démons auxquels probablement le chef des aventuriers se proposait d’offrir une association temporaire, pour attaquer et assassiner impitoyablement des voyageurs paisibles, dont le seul tort était de traverser la savane.

Cependant les cinq cavaliers avaient atteint le camp dans lequel ils avaient pénétré.

Tous les aventuriers s’étaient éveillés et avaient pris les armes.

Les trois sachems apaches avaient été conduits en présence du chef.

Celui-ci les avait accueillis avec une courtoisie mielleuse.

Il les avait engagés à s’asseoir autour du feu préparé pour lui.

Le calumet avait aussitôt circulé entre les quatre personnages.

Charbonneau voyait, mais il l’entendait pas, malheureusement ; il en était réduit à faire des conjectures sur ce qui se passait ; conjectures qui d’ailleurs se trouvèrent justes.

Nous suppléerons donc, en racontant l’entrevue telle qu’elle eut lieu, à ce que le Canadien ne put entendre.

Lorsque le calumet eut fait deux fois le tour du cercle, l’aventurier prit la parole :

— Mes frères Apaches chassent le bison ? dit-il.

— Oui, répondit laconiquement l’un des chefs au nom des deux autres.

— Je regrette de m’être rencontré sur le chemin de mes frères Apaches, et d’avoir ainsi, sans intention, détourné les bisons dont ils s’étaient déjà emparés.

— Les bisons n’ont échappé que pour quelques heures ;