Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/339

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levant les femmes et les enfants et scalpant sans pitié les hommes qui tombaient entre leurs mains.

Les Indiens, comme pour railler leurs faibles adversaires, donnèrent un nom à ces incursions périodiques.

Comme elles avaient lieu à l’époque où la lune brille avec le plus d’éclat, le temps de la pleine lune fut nommé la lune du Mexique.

Les hacienderos et les rancheros de la Sonora et des autres États frontières furent bientôt ruinés et réduits au désespoir.

Demander du secours au gouvernement contre les Peaux-Rouges, il n’y fallait pas songer.

Le gouvernement mexicain avait autre chose à faire que de venir en aide à ces pauvres gens.

Il devait d’abord se défendre contre les attaques des partis, et ses troupes, si nombreuses qu’elles fussent, ne réussissaient pas toujours à mener à bien cette rude tâche.

Se voyant abandonnés à leurs propres forces, les hacienderos et les rancheros résolurent de se protéger eux-mêmes à leurs risques et périls.

Ce fut alors que la pensée leur vint de former une espèce de garde nationale, spécialement chargée de combattre les Peaux-Rouges et de les refouler sur le territoire indien.

Le corps des civicos, très nombreux, et composé en grande partie d’aventuriers et de chasseurs, fut institué en Sonora et dans les autres États riverains des Peaux-Rouges.

Ce corps fut habillé, monté et soldé aux frais des plus riches propriétaires de ces contrées, particulièrement exposés aux attaques des Peaux-Rouges et des rôdeurs et pirates des prairies.

Les gardes civicos sont des hommes d’une intrépidité reconnue, d’un caractère farouche, d’une moralité très suspecte et, d’une barbarie qui ne le cède même pas à celle des Peaux-Rouges, qu’ils ont pour mission de combattre.