Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/340

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Ils ne font pas de prisonniers.

Tout Indien ou tout bandit dont ils s’emparent est immédiatement torturé et mis à mort.

Les Indiens et les pirates le savent ; ils agissent en conséquence.

Ils ne demandent pas plus la vie qu’ils ne l’accordent.

C’est donc une guerre d’extermination entre ces ennemis implacables.

On raconte beaucoup de sinistres et lugubres histoires sur les civicos.

On les accuse partout de se déguiser en Indiens lorsqu’ils croient avoir à se plaindre de certains hacienderos ; d’assaillir leurs propriétés et de les faire mourir dans d’épouvantables tortures pour mieux leur voler ce qu’ils possèdent ; bref, de faire surtout la guerre à leur profit particulier.

Quoi qu’on en dise, presque toutes ces histoires sont vraies.

Maintes fois les civicos ont été pris sur le fait.

Ce corps est donc un véritable fléau pour ceux qu’il est chargé de protéger.

Le peu de bien que parfois il fait ne compense pas, bien loin de là, les maux qu’il cause.

Malheureusement, l’expérience prouve que les choses continueront encore bien longtemps à marcher ainsi au Mexique.

Les civicos s’étaient rendus en toute hâte dans le campement des aventuriers.

Ils avaient alors fait main basse sur les chevaux, les bagages, et avaient massacré les blessés.

Puis tous les bandits, inspection minutieuse faite de leurs poches, avaient été jusqu’au dernier accrochés aux branches des arbres pour servir d’épouvantail aux autres bandits de la savane et devenir la pâture des vautours, des urubus et autres oiseaux de proie, qui déjà formaient dans l’air, au-dessus de leurs cadavres, d’immenses cercles en poussant des cris de joie.