Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/345

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— Où cette hacienda est-elle située ?

— Aux environs de Paso del Norte, madame la comtesse.

— Mon cher Jérôme, je n’ai rien à faire dans cette hacienda del Paraiso, malgré son nom de si bon augure, reprit-elle en souriant ; mais, en revanche, j’ai besoin d’arriver promptement à une hacienda nommée, je crois, la Florida — la fleurie — qui, si je ne me trompe, ne doit pas être éloignée de Arrivaca, sur la frontière mexicaine.

— Ah ! diable, fit l’intendant en se frappant le front avec dépit, je n’avais pas songé à cela !

— Rien de plus facile, dit Cœur-Sombre. Arrivaca n’est qu’à trois lieues d’ici tout au plus, tandis que el Paso est beaucoup plus éloigné.

— Vous chargez-vous de nous y conduire à cette hacienda ? demanda Jérôme.

— Parfaitement ; mais vous n’avez pas besoin de moi tous nos hommes connaissent Arrivaca.

— Ainsi, madame la comtesse, c’est à la Florida que nous allons ?

— Oui, s’il vous plaît, Jérôme.

— Les ordres de madame la comtesse seront exécutés ; tous, nous sommes ici pour lui obéir.

Quelques instants plus tard, la caravane traversa le Rio Colorado à gué, et appuya légèrement sur la droite pour se rapprocher des frontières mexicaines.

— Vous semblez connaître cette contrée ? dit la comtesse.

— En effet, madame, répondit Cœur-Sombre. Je chasse ordinairement dans les parages du Nouveau-Mexique, de la Californie et de l’Oregon ; le gibier y est abondant et les fourrures généralement belles.

— Alors, vous êtes allé quelquefois à Arrivaca ?

— Quelquefois, oui, madame. C’est un misérable village, une espèce d’aldea qui s’en va se dépeuplant, en arrière de Sapori, autre hameau peu important, et séparé par Sierra de Pajaros, de l’ancien Presidio de Tubac,