Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/361

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ros et ouvriers de toutes sortes employés à l’hacienda.

Ces gens vivaient là chez eux au milieu de leurs familles, bien nourris, bien vêtus et bien payés, car leur maître était un homme bon et juste.

Ils étaient aussi heureux, selon leur condition, qu’il leur était possible de l’être.

La Rancheria était entourée d’un mur et d’un large fossé, afin de ne pas être surprise à l’improviste par les Indiens, ou les maraudeurs plus à redouter encore et qui pullulent dans ces parages éloignés de tout centre de populations, et par conséquent de secours immédiats.

Cependant, Jérôme Desrieux avait rejoint les cavaliers étrangers et faisait avec eux un échange courtois de politesse.

Les cavaliers étaient au nombre de quatre.

Ils portaient le riche et élégant costume des rancheros, et montaient des chevaux mustangs des prairies de grand prix, et magnifiquement harnachés.

— Sur ma foi, s’écria Main-de-Fer, c’est le senor don Cristoval lui-même, son fils don Pancho l’accompagne. Quant aux autres cavaliers, l’un doit être le mayordome de l’hacienda, si je ne me trompe ; quant à l’autre, je ne sais qui il est.

— Veuillez donc, je vous prie, m’indiquer le senor don Cristoval, demanda la comtesse à Main-de-Fer.

— Je croyais que vous le connaissiez, madame ? dit alors Cœur-Sombre avec surprise.

— Certes, je le connais beaucoup, répondit-elle vivement.

— Mais alors, pardonnez-moi cette question, madame, comment se fait-il que vous demandiez à mon ami de vous l’indiquer ?

La comtesse se mit à rire.

— Parce que je ne l’ai jamais vu, dit-elle.

— Comment le connaissez-vous donc ?

— Par correspondance, monsieur.