Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/368

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gens : il a voulu nous laisser toute liberté de nous entretenir.

— Mais non, madame, je ne vois ni lui ni son ami ; ils sont partis !

— Oh ! ce n’est pas possible ! Me quitter ainsi, je ne puis le croire !

— Cela est, cependant : regardez, madame. Du reste c’est assez son habitude ; Cœur-Sombre aura sans doute été mécontent de la réception que vous lui aurez faite, madame.

— Non, vous devez vous tromper : il y a là-dessous quelque malentendu que je veux faire cesser.

La comtesse s’arrêta et fit un geste auquel Jérôme et Charbonneau répondirent en accourant à toute bride.

L’escorte, ou pour mieux dire les gens de madame de Valenfteurs marchaient à deux cents pas en arrière des principaux personnages.

— Où sont les chasseurs ? demanda la comtesse dès que les deux hommes l’eurent rejointe.

— Quels chasseurs ? demanda Jérôme, il ne nous manque personne, madame.

— Je parle des deux chasseurs avec lesquels j’ai si longtemps causé.

— Ah ! madame parle de Cœur-Sombre et de Main-de-Fer, dit Charbonneau.

— C’est cela même, dit-elle, où sont-ils ?

— Ils sont partis, madame.

— Partis ? reprit-elle, avec stupeur, quand ? comment ?

— Dame ! comme on part, madame la comtesse. Nous ne nous faisons pas de grands compliments au désert : on arrive, ou on part, sans rien dire, quand on veut personne n’a rien à y voir, chacun est libre d’agir à sa guise ; Cœur-Sombre et Main-de-Fer ont sans doute jugé que vous n’aviez plus besoin d’eux, et que leur présence devenait, par conséquent, inutile. Alors, ils s’en sont allés pour s’occuper de leurs affaires particulières.

— Quand nous ont-ils quittés ? le savez-vous ?

— Ah ! cela, très bien ! madame la comtesse : ils sont