Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/403

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— Dix-neuf jours.

— À revenir ?

— Dix-sept, et je serais arrivé plutôt si j’avais conservé mon cheval.

— Bien, tu me conteras cela tout à l’heure. Procédons par ordre.

— Comme vous voudrez, mon colonel.

— Combien as-tu passé de temps à Hermosillo ?

— Deux jours, pas davantage, mon colonel.

— D’après ton compte, cela fait trente-huit jours.

— Juste, mon colonel.

— Il y a quarante-quatre jours que tu m’as quitté comment arranges-tu cela ?

— Je ne l’arrange pas du tout ; c’est exact.

— Qu’as-tu fait pendant ces six jours de congé que tu t’es donnés ?

— Ah ! voilà, mon colonel ; une idée que j’ai eue comme cela de voir la mer ; j’ai poussé jusqu’à Guyamas.

— Tu avais une intention, sans doute, en faisant cela ?

— Pas la moindre ; c’est après qu’il m’en est venu une, à la suite d’une drôle de conversation que j’ai eue avec un pays à moi.

— Ah ! ah !

— C’est comme ça, mon colonel, et il ajouta en anglais : Le particulier qui est la, et nous écoute si attentivement, comprend-il l’anglais ?

— Oui, mon ami, répondit Felitz Oyandi, dans le plus pur anglais qui se parle à Londres ; il est donc inutile d’employer cette langue, si vous avez quelque secret à révéler à votre chef.

— Bon ! fit Sébastian en riant bonnement, souqué à bloc du premier coup ; mais as pas peur, comme disent les Provençaux ; qu’à cela ne tienne, j’en choisirai une autre. Pas le sabir, vous le comprendriez, mais tout simplement le danois.

— Ah ! quant au danois, qui, dit-on, est une fort belle langue, je n’en ai pas la moindre idée, répondit Felitz